Le Chemin des Dieux

Part 13

Baron

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Le couloir laissait un filet de lumière pénétrer la pièce, ça faisait l’effet d’une veilleuse. Profitant du sommeil de ses compagnons Shaël se faufila vers Ranine…

« Shaël : Pst Ranine, tu peux venir voir un truc ?

Ranine : Hein ? Qu’est-ce qui se passe ?

Shaël : Rien… Viens avec moi dans le couloir s’il te plaît. »

Ranine, toujours prête à rendre service suivit le jeune homme loin des autres. Lorsqu’il pensait être assez loin pour ne pas être entendu il s’approcha de Ranine, bien près d’elle…

« Shaël : Tu sais… J’ai jamais, tu sais ?

Ranine : Jamais ? Non, je ne sais pas ?

Shaël : J’ai ça… Tu veux bien ? »

Rouge comme une pivoine Shaël tendait un sachet de coquillages, il y en avait un paquet de toutes tailles et couleurs. Les plus vénales femmes et hommes du village lui auraient fait un tas de trucs que la morale réprouve pour cette quantité. Il est des dots bien en deçà. Ranine, gênée, comprit où il voulait en venir et refusa gentiment…

« Ranine : Tu sais t’es un peu comme un petit frère maintenant.

Shaël : Et tu le ferais pas avec ton frère ?

Ranine : Euh… Non…

Shaël : T’es sûre… Je te les donne tous, tu sais !

Ranine : Oui, je suis sûre.

Shaël : T’as vu ? Y en a un rouge et jaune, ils sont rares…

Ranine : Oooohhh Il est vraiment trop beau… Hum… Et tu as déjà embrassé une fille ?

Shaël : Oui…

Ranine : Faire la bise à ta mère compte pas !

Shaël : Alors non…

Ranine : Donne-moi ce coquillage… Et approche un peu… »

Après qu’elle partit se coucher, il resta seul. Pas un seul instant il ne regretta le départ de son plus précieux coquillage, même s’il n’eut pas ce qu’il voulait vraiment. Dans sa famille certains frères et sœurs… Enfin, ce n’était pas le cas pour tous. Il remarqua quelque chose au sol. S’accroupit… De la terre… Depuis qu’ils ont entamé la route, ils ont uniquement marché sur de la pierre… Il remonta la piste sur quelques mètres. C’est comme si quelqu’un avec des bottes sales était venu là d’un coup… Aucune trace de portes ou autres trappes…

« Shaël : Athara… »

5 jours après départ, Athara seule.

La porte venait de tomber. Athara chuchota une phrase dans une langue du fond des âges. La crosse de son bâton brilla, éclairant la pièce comme jamais. Elle sortit de sa poche une fiole et un sachet de poudre pourpre. Au sol elle dessina avec la poudre un large cercle. Puis, trempant son doigt dans la fiole et utilisant l’alphabet de sa famille, elle écrit tout autour du cercle. Une fois fini elle fit deux pas en arrière et récita une nouvelle incantation. Prononçant ce nom : « Poliamidès » à plusieurs reprises…
Les écritures brillèrent, le cercle prit feu… Sorti de nulle part il apparut. Grand, maigre, recouvert d’une cape. Il avait l’air d’une ombre fine. On ne distinguait que ses mains décharnées.

« Poliamidès : Tu m’as appelé maîtresse, que puis-je faire pour toi ?

Athara : Il me faut cinq de tes ombres ici dans cinq heures.

Poliamidès : Il sera fait comme tu le souhaites, autre chose maîtresse ?

Athara : Oui, garde le portail ouvert, je dois aller voir mon père.

Poliamidès : Bien maîtresse. »

Athara pénétra dans le cercle, elle disparut plusieurs heures, avant d’en revenir. Elle semblait exténuée, comme si elle avait été poursuivie par une bête sauvage.

« Poliamidès : Tout va bien, maîtresse ?

Athara : Oui, ne t’inquiète pas ! Je suis juste essoufflée… Je vais devoir me reposer plus longtemps que prévu. Tes ombres sont prêtes ?

Poliamidès : Elles sont à tes ordres, maîtresse.

Athara : Bien, qu’elles appuient sur les dix symboles sous les mosaïques à mon signal… »

À son rythme elle mit les symboles dans le bon ordre, puis se retournant vers son ami dit : « Maintenant ». Comme avec ses compagnons, le mécanisme suivant se mit en place et la porte s’ouvrit.

« Athara : Viens avec moi, envoie une de tes ombres en avant, qu’elle me dise l’avance de mes compagnons. »

Elle regarda le plafond puis passa sa main sur son bras en bafouillant une nouvelle formule. Une partie du plan apparu sur sa peau. Elle passa la porte qui commençait à descendre.

« Athara : Reste jusqu’à mon réveil. J’aurai besoin de toi pour m’amener aux autres. Je ne trouverai pas la force de les rattraper assez vite sinon.

Poliamidès : Il sera fait selon ton désir, maîtresse. »

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