Le Chemin des Dieux

Part 26

Baron

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En douce, elle avait lancé un petit mélange maison par terre, des lattes de bois étaient sorties après invocation plusieurs lianes qui, enroulées autour des chevilles d’Ydranos, lui empêchaient tout mouvement. Il fit mine de vouloir soulever son épée pour les trancher. Trop lent, d’autres lianes avaient déjà saisi son poignet.

« Ydranos : Qu’est-ce que ?

Athara : Je suis Athargaratha de la maison des Panopiliéens !

Ydranos : Une Panopiliéenne… On en croise peu ces derniers temps.

Athara : Pourquoi nous avoir capturés ? Qui êtes-vous ?

Ydranos : Tu ne le sais pas ?

Athara : Constructeur ou élu… À moins que certains se soient aventurés jusqu’ici sans permission… J’en doute.

Ydranos : Élus, tout comme toi, nous sommes du même côté !

Athara : On n’enferme personne, et encore moins ne les assomme, quand on est du même côté.

Ydranos : Nous sommes obligés, nos ancêtres ont fait confiance à d’autres élus, nous avons failli être exterminés.

Athara : Et comment auriez-vous pu savoir nos intentions ?

Ydranos : Notre chef, Cardosinès, il lit dans les âmes. Nous attendions son réveil pour qu’il vous examine. »

Dans le doute, elle approcha sa main encore couverte de poudre de sommeil et l’endormit. Bredouillant une petite formule pour qu’il oublie cette entrevue, elle le ligota avec des cordes solides contre un poteau de bois au milieu de la pièce. Les lianes se retirèrent grâce à la lumière du bâton. Elle monta pour chercher l’homme au corps fatigué, Cardosinès à n’en point douter.

Non loin de là…

« Marlande à Shaël : Reste ici, prend cette dague. On va vite revenir.

Shaël : Je ne viens pas avec vous ?

Marlande : Non, s’il nous arrive quelque chose, tu seras le dernier à pouvoir nous aider ! C’est une importante mission !

Linès : Tu serais une gêne pour nous.

Marlande : Tu pourrais faire comme moi et lui mentir pour pas écrouler son moral.

Shaël : Je vous entends… »

Une fois mis dans son coin, Shaël resta silencieux en attendant le retour de ses compagnons. Linès emboîta le pas de Marlande telle une ombre, s’assurant que personne ne les suit.

« Linès : On est suivis.

Marlande : On est devancés aussi…

Linès : On fait quoi ?

Marlande : Tu sais te battre n’est-ce pas ?

Linès : Je me débrouille.

Marlande : On s’occupe de celui de derrière en premier. On ne se sépare pas !

Linès : C’est pas sport. »

Chambre du vieil homme…

Athara avait enfin trouvé la bonne chambre. Un homme allongé, un vieux. Elle s’approcha avec prudence toujours sur le qui-vive. Il avait une respiration douteuse, limite coïtale. Elle le cogna du bout de son bâton pour le tirer de son sommeil.

« Cardosinès : Hein ? Quoi ?

Athara : C’est toi Cardosinès ?

Cardosinès : Oui, je suis celui qui se nomme ainsi. Et toi ? Ma jeune enfant, fais-tu partie de la nouvelle fournée d’élus sacrifiée à la bêtise d’une poignée de croyants ?

Athara : Oui, je suis celle qu’on dit être une élue.

Cardosinès : Impertinente, j’aime ça !

Athara : Tes potes nous ont enlevés et séquestrés, pourquoi ?

Cardosinès : Excuse-les, ils n’ont pas une grande finesse. Combien d’entre vous ont réussi à venir ?

Athara : Nous sommes tous là ! Ton pote m’a dit que tu avais un pouvoir ?

Cardosinès : Tous ? Es-tu la seule fille ? J’ai un don en effet, celui de voir à travers les âmes. J’en vois assez pour savoir que tu n’hésiterais pas à me tuer si je bouge.

Athara : Trois filles, de quoi te voir faire une belle crise cardiaque si tu commences à trop fantasmer. Tu vois juste, vieillard.

Cardosinès : Tu te trompes, je préfère les garçons ! Ah ah ! À mon âge, tu ne prends pas de risque. Vous ne risquez rien, je vais prévenir les autres, aide-moi à me lever.

Athara : Je ne comprends pas quelque chose… Comment pouvez-vous être la génération précédente ? Vous êtes trop jeunes…

Cardosinès : Enfin un compliment. Le temps semble se passer de manière différente ici. Allez, aide-moi. »

Un peu hésitante, elle céda, trop sûre d’elle. Alors qu’il tendit la main pour prendre son bâton, elle tendit son épaule. La confiance à ce point est prématurée.

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