Le Chemin des Dieux

Part 24

Baron

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Ranine prit le coquillage, il était difficile de penser qu’une personne pouvait être si mal intentionnée avec elle. L’avoir dans les mains, après tout ce n’est pas l’accepter. Il était doux et chaud. Alors qu’elle le regardait, il en profita pour l’embrasser. Elle le repoussa, gardant closes ses lèvres. Elle n’avait pas de force, lui savait être ferme, ne laissant aucune place à une possibilité de refus, de résistance. La peur lui nouait le ventre. Elle s’apprêtait à fermer les yeux quand dans l’éclat du soleil, une forme, une ombre, quelqu’un…

« Marlande : Espèce de résidu de crotte, tu vas la lâcher tout de suite ! »

Il s’arrêta, regarda dans la direction d’où venait la voix, mit sa main sur son front pour briser les rayons du soleil.

« Splady : T’es qui ?

Marlande : Je suis Marlande de la maison des Barloponés, sœur de Dariane !

Splady : La sœur de Dariane… Intéressant… Tu veux quoi ? Un coquillage, comme ta sœur ? Attends ton tour, je suis occupé là ! À moins que tu veuilles te joindre à nous !

Marlande : Éloigne-toi d’elle… Je ne le dirais pas deux fois…

Splady : Oh ! Tout doux, tu vois bien qu’on est en affaires ! Tu feras quoi de toute façon, gamine ?

Marlande : Je ne suis plus une gamine !

Splady : Tu ne m’intéresses pas alors… »

Profitant de la conversation, Ranine tenta de s’échapper de l’étreinte du garçon. Ce dernier ne la lâcha pas pour autant, la serrant au bras de toutes ses forces. Elle regarda Marlande, les yeux mouillés, ne sachant plus hurler…

« Marlande : N’aie crainte, je ne le laisserai pas faire… »

Elle banda son arc et pointa une flèche vers Splady.

« Splady : Tu comptes vraiment jouer à ça ? Tu risques de l’atteindre. Allons, baisse cet arc. C’est pas de ton âge. »

Il ne semblait pas prêt à lâcher prise. Bien entraînée, elle savait parfaitement ce qu’elle faisait. Vindicte personnelle. Comment oublier ce qu’il a fait à sa grande sœur moins d’un an plus tôt, sous ses yeux ? Toujours libre, trop proche du pouvoir pour être puni. Combien de gamines… C’en était de trop, beaucoup de trop. Qu’importent les conséquences. Elle visa son cœur…

Ranine voyant le courage, la ténacité dans les yeux de cette fille pas bien plus vieille qu’elle, eut un sursaut de vélocité. Elle mordit le bras du garçon qui se pencha. Il ne put comprendre qu’elle lui sauva par ce geste la vie ce jour-là. En effet, c’est à son visage que la flèche fit dégâts. Balafré du front au menton, il échappa de peu à devenir borgne. Il hurla, lâcha prise pour retenir son sang qui coulait entre ses doigts. Ranine, libre, fonça se cacher derrière Marlande. Ce fut la dernière fois qu’elle se promena seule, elle avait maintenant une amie avec qui partager ses moments d’égarement.

Dans les bois, au centre du labyrinthe.

« Marlande : Vous avez remarqué ?

Shaël : Quoi ?

Marlande : Les oiseaux, on les voit de loin, on les entend, mais ils ne s’approchent pas. On n’a pas vu un seul insecte, ni aucun autre animal…

Linès : Au village, il n’y en a pas beaucoup non plus…

Marlande : Tout à l’heure, j’ai cru voir briller un de ces oiseaux…

Shaël : Ça brille pas…

Linès : Là ! ! Des fruits par terre !

Marlande : Des traces… Au moins trois personnes en plus d’elles.

Linès : Ils les ont portés.

Shaël : Comment vous voyez ça ?

Marlande : Pas le temps de te faire un cours, ils ont de l’avance, on ne doit pas traîner. Soyez attentifs… Ils sont peut-être plus nombreux et hostiles. »

Ils suivirent les traces, se faisant discrets. Le bois donnait sur une route et au bout, des bâtisses.

« Linès : Des traces de roues… Ils doivent avoir une charrette.

Marlande : Ils ont plus d’avance que je le pensais. Ne perdons pas de temps. »

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