Le Chemin des Dieux

Part 23

Baron

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Quelques minutes plus tôt…

« Ranine : C’est trop beau ! ! C’est plus grand que notre village ici !

Athara : Oui, il y a même des oiseaux.

Ranine : C’est quoi qui fait briller le plafond par endroits ?

Athara : J’en sais rien, c’est très lumineux, magnifique.

Ranine : Des fruits ! ! Y a des fruits ! ! Je vais le dire à Marlande !

Athara : Attends, on a qu’à leur en cueillir quelques-uns, t’as pas faim toi ?

Ranine : Mais Marlande a dit que…

Athara : Et alors ? Moi, je dis que j’ai faim ! Elle sera très heureuse qu’on lui en apporte. Tu ne serais pas contente de manger ou de te faire apporter à manger ? Ils ont l’air si bons… »

Il était difficile de contredire des arguments simples et évidents. Elles passèrent d’arbre en arbre pour récolter les plus beaux fruits en dévorant leur part. S’enfonçant toujours plus dans les terres, ignorant que le danger, s’il frappe quand il entre dans votre vie, c’est sur votre tête.

Assommées, emportées… Elles n’eurent pas le temps de voir leurs agresseurs. C’est dans une pièce obscure, les poches vidées, qu’Athara se réveilla…

« Athara : Ranine, réveille-toi !

Ranine : Hein ? Quoi ?

Athara : Ils ont pris nos affaires…

Ranine : Qui ça ?

Athara : T’as quand même conscience qu’on vient de se faire enlever et enfermer ?

Ranine : Dieux !

Athara : Il n’y a que cette porte… Elle n’a pas de serrure, ça doit être bloqué de l’autre côté par une sorte de planche.

Ranine : On va pas pouvoir sortir alors ?

Athara : Sauf si t’es assez forte pour défoncer cette porte…

Ranine : Mais on va faire quoi ?

Athara : Attendre dans un premier temps que nos hôtes viennent s’assurer de notre confort… Il faut aussi espérer que les autres soient toujours libres.

Ranine : J’ai peur, mais je sais que Marlande viendra…

Athara : Tu crois vraiment en elle ?

Ranine : Oui, elle sera toujours là pour moi… »

6 ans avant départ, Ranine & Marlande : Une histoire d’amitié.

Le village de Pitriéz, coupé du monde par un désert infranchissable, aux ressources limitées, n’offrait pour chaque génération que peu d’enfants. Souvent pris en charge dans leur famille, cultivant ainsi une tradition séculaire, il était rare qu’ils se mélangent aux autres. Il n’y avait pas d’écoles, pas de raison de se rassembler entre jeunes, si ce n’est à la puberté, car ne nous voilons pas la face, tout n’est pas mieux en famille. Dans ces circonstances, bien rares sont les amitiés…

Palranine de la maison des Vussinéens était bien timide. Au sein de sa propre famille, elle ne parlait qu’en de rares occasions. Souriante et remplie d’amour, elle ne comprenait rien aux conflits, querelles et autres énervements inutiles. Sa famille avait la réputation de rester en retrait, elle n’a jamais comme d’autres militants pour un nouveau système politique, pour ceci ou cela. Un vent de neutralité portait ses membres jusqu’aux paroles de leur chanson. En interne, c’était une autre histoire, les disputes familiales allaient bon train. Ranine passait ainsi, outre les tâches incombant à tout villageois, son temps dans la contemplation de la nature. Des heures durant, sans jamais ennuyer qui que ce soit, elle se baladait, se posait, admirait la nature sous toutes ses formes. Développant un sens aigu de l’observation.

Elle devait avoir une douzaine d’années lorsqu’elle refusa son premier coquillage. Le garçon, pas dégueu, mais bien vieux pour elle, 17 ans. Spaladiniès, de son nom, Splady, de son surnom, de la maison des Masoplésiens. Il n’était pas réputé pour être un tendre avec les jeunes filles. Il les choisissait faibles, fragiles, et souvent bien jeunes. Ranine s’affichait comme une candidate idéale. Cependant, il avait déjà eu plusieurs avertissements, sa famille était censée l’avoir calmée… C’est un de ces après-midi ensoleillés, pensive à l’ombre d’un palmier, Ranine regardait l’horizon. D’une grande gentillesse, elle ne saurait jamais rejeter qui que ce soit…

« Splady : Salut, c’est quoi ton prénom ?

Ranine : Palranine… Et toi ?

Splady : Appelle-moi Splady.

Ranine : D’accord Splady.

Splady : Que fais-tu là ?

Ranine : Rien, maman n’a plus besoin de moi, alors je me promène et ici j’imagine plein d’histoires.

Splady : Tu es très jolie, tu sais… Tu connais les coquillages ?

Ranine : Merci, c’est gentil. Oui, je les connais, grand-maman en a des tas ! J’en ai trouvé aussi pour quand je serais plus grande !

Splady : C’est surtout aux garçons, tu sais, de les chercher.

Ranine : Je pense pas, c’est à celui qui les trouve.

Splady : Tu sais, j’en ai un très beau, turquoise, c’est pas très courant.

Ranine : Oh ! Il est trop beau ! ! J’en ai un vert et un jaune, mais ils sont un peu abîmés.

Splady : Tu sais, tu pourrais l’avoir.

Ranine : C’est vrai ? Mais faut que je fasse quoi en échange ? Je sais coudre si tu veux !

Splady : Je n’ai pas besoin de couture.

Ranine : Je peux faire le ménage ?

Splady : Tu sais que lorsqu’un garçon propose un coquillage à une femme, c’est aussi qu’il veut ses faveurs.

Ranine : Ah ! Non ! Je suis trop jeune et tu me plais pas !

Splady : Tu ne me trouves pas à ton goût ?

Ranine : Si… mais j’aime pas ta façon de parler…

Splady : Hahaha ! Tu es vraiment intéressante. Tu sais qu’on ne refuse pas un coquillage !

Ranine : Papa dit que je dois refuser les coquillages quand je ne veux pas l’échange.

Splady : Ton père à tort. Tiens, prends-le dans ta main. »

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