Le Chemin des Dieux

Part 16

Baron

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Au premier carreau testé, ils entendirent un bruit sourd, comme si le mécanisme déclenché se remettait en place. Il fallut recogner le premier, et continuer les tentatives. C’était en fait à trois carreaux de distance que le bon se trouvait. Un second clic.

« Marlande : Je vais les numéroter avec les restes d’encre. Si je me plante, il faudra à chaque fois tout refaire. »

C’est ce qui se produisit. Le temps de trouver le bon carreau à deux, puis celui à quatre de distance. Aucune des directions où ils se trouvaient ne semblait définir de schéma logique. Le chemin des dieux testait leur patience à moins qu’ils n’aient raté un élément. Quand le premier cycle de frappe fut terminé. Une rangée de trois carreaux sortit du mur. Une marche ! Marlande, puis Linès qui prit le relais, continua leur avancée.

« Shaël : Je vais prendre le relais.

Linès : C’est bon, j’en fais encore un peu.

Ranine : Heureusement qu’une fois les marches sorties elles ne se rétractent pas quand on fait erreur.

Athara : Il va nous falloir faire vite… L’huile va nous manquer, on a gâché inutilement nos torches sur toute la surface des murs. »

Linès était tout proche du plafond, sur la marche où il se trouvait, il devait déjà se baisser. Il était bien à huit mètres, pas étonnant que Ranine n’ait pu jeter sa torche si haut.

« Marlande : Tu vois quelque chose de là-haut ?

Linès : Non, mais on verra bien, je doute qu’une autre marche émerge, je suppose que ce sera la sortie cette fois.

Ranine : C’est fou que ce soit si haut… On dirait pas de dehors.

Marlande : Depuis qu’on est dans le labyrinthe, on descend, c’est un faible dénivelé, on s’en rend pas compte. De plus, on a passé plusieurs marches esseulées et toujours vers le bas.

Linès : Je ne veux pas vous alarmer, mais ça vient enfin de s’ouvrir… C’est loin d’être gagné. »

Linès tendit le bras pour éclairer, la trappe s’étant ouverte au plafond. De sa position, même en tendant les bras, il ne pouvait espérer quoi que ce soit. Sauter n’était pas non plus une solution acceptable. Il descendit.

« Marlande : Tu as vu quelque chose ?

Linès : Le plafond à une épaisseur de trois bonnes mains, ce serait impossible de s’y accrocher en sautant, il n’y a aucune prise.

Athara : Surtout avec un seul essai.

Linès : La bonne nouvelle est que ça semble stable et ne se referme pas, ce mécanisme est incroyable, j’aimerais l’étudier.

Shaël : On est donc coincé ?

Athara : T’inquiète, tu seras le premier qu’on mangera !

Ranine : Il ne faut pas dire ça…

Marlande : Un truc me chiffonne…

Ranine : Quoi donc ?

Athara : Le pessimisme de Shaël ?

Marlande : Pourquoi toutes les briques du mur sont réactives ? Celles du sol suffisaient. C’est vrai que ça permet de comprendre plus vite la marche à suivre sur une plus grande surface. Mais dans ce cas, on fait ça juste à hauteur d’homme, on s’amuse pas à en faire partout !

Linès : C’est censé… Mais tu veux faire quoi ?

Marlande : On regarde à nouveau, avec le peu d’huile qui nous reste on fait chauffer tout ce qu’on peut, on se fait la courte échelle, on fait le plein d’eau !

Shaël : Ça va servir à rien…

Ranine : Faut le faire, t’as une autre idée ? »

Il n’en avait pas d’autres. Ils ramenèrent un gros plein d’eau. Il n’y avait plus d’encre pour marquer les carreaux, il faudra ruser.

« Ranine : Il faudrait faire des marques, Linès, tu peux avec tes outils ?

Linès : Oui… Une croix pour ceux qui réagissent au feu et une barre pour ceux qui réagissent à l’eau ?

Marlande : Bonne idée ! »

Sortant son marteau et son burin, l’ouvrage débuta. Shaël en fit de même en plus moche avec les moyens du bord.

« Shaël : Mince ! J’en ai cassé un !

Linès : Quand je pense à la patience qu’ils ont dû avoir pour tout faire ici…

Shaël : C’est pas de ma faute…

Athara : Tu vas faire pleurer Linès !

Linès : Avec un peu de douceur…

Athara à Linès : Quand est-ce que tu me donneras un peu de douceur ?

Shaël : C’était creux !

Marlande : Creux ? Creux comment ? »

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