Le Chemin des Dieux

Part 09

Baron

Partie Précédente

 

Tous regardèrent le plafond avec plus d’attention. Le couple qu’on pouvait voir au premier plan notamment. Tous deux nus, souriants. L’homme avait sa main posée sur un sein de la femme et l’autre pointait du doigt vers le bas. La femme tenait les parties intimes de l’homme, et pointait son doigt au ciel.

« Marlande : C’est… Particulier…

Shaël : C’est écrit quoi ?

Marlande : C’est noté… Je comprends pas… Le texte n’a pas de sens… « Si peu de temps là où vous êtes resté à tomber sur l’or du ravin dire qu’il devient vrai ne vous dira on ne sera parler car chacune parmi nous »

Shaël : Ça ne veut rien dire.

Linès : C’est de la poésie ?

Ranine : Tu sais vraiment lire ?

Athara à Marlande : Tu as vu que ce n’est pas le même bleu pour toutes les lettres. Si on lit juste les foncées ça donne : « Seul votre amour du divin vous donnera le chemin »

Shaël : Faut qu’on se mette nu et qu’on fasse l’amour ?

Ranine : J’ai pas envie d’être toute nue !

Marlande : Non, ça peut pas être ça…

Linès : Ça ne me dérange pas !

Athara : A poil Linès !

Ranine à Marlande : T’as vu j’ai fait un sourire avec les symboles des dieux, c’est pas trop mignon ?

Athara : J’me demande quel signe a pu les convaincre que tu serais utile… »

L’histoire du signe de Palranine – 5 jours avant départ.

Thusélinéa, cinquième Mère, n’a jamais brillé par son honnêteté. S’il avait fallu élire quelqu’un après le départ de Pardox (Celui qu’on nomma le Dernier), trop mourant pour assumer ses fonctions, jamais elle n’aurait été prise. Le système de remplacement par l’âge n’est pas toujours bien habile.

Il ne restait plus beaucoup de jours avant la prochaine naissance, l’autre bébé en route serait là dans plus de 6 mois, si le signe n’arrivait pas, le départ serait trop décalé. C’est une période pauvre en fécondité. Thusélinéa n’avait pas encore eu de signe, elle se demandait vraiment si cela se produirait. Elle avait repéré au cas où quelques jeunes bien constitués. Au début elle vaquait à ses occupations habituelles, mais au fur et à mesure que les autres trouvaient leurs élus, elle se dit qu’il faudrait un peu forcer le destin.

De toute sa vie, elle ne savait qu’agir égoïstement. Elle n’avait presque jamais travaillé, utilisant ses charmes pour qu’on le fasse à sa place. Manipuler les gens, elle connaissait. C’est ainsi qu’elle se décida à « construire » son propre élu. Son choix se porta sur Libidinès, bellâtre insipide. Son plan était simple. Faire que ce garçon se retrouve près de la cascade au moment où elle ferait semblant de se noyer.

Elle avait conscience de la pauvreté de son signe, il lui était bien trop complexe d’en imaginer un plus d’élaborer. D’autant plus qu’elle voulait que cela ne lui coûte rien. Être au conseil était déjà un bénévolat qui ne se refuse pas.

Libidinès avait eu vent par un de ses amis, appelons-le « le traître », qu’Athara sur laquelle il craquait depuis tout minot, allait se baigner nue à la cascade. Il passa son corps à l’huile avant de partir pour bien faire ressortir ses muscles. Lorsqu’il arriva à la cascade et ne la vit pas, il se planqua derrière un rocher comme tout bon voyeur qui se respecte. Des bruits de pas, un plouf, pas de doute quelqu’un est à l’eau, vu les informations du traître, ça ne peut être qu’elle. Il sortit de sa planque.

Thusélinéa ayant surveillé le jeune homme en amont, savait très bien qu’il était déjà là, derrière son rocher. Que le spectacle commence. Ne boudant pas son plaisir elle s’était mise nue, on ne sait jamais. Elle entra dans l’eau fraîche, puis fit quelques brasses, pour enfin feindre la noyade en hurlant.

Il bondit alors de derrière son rocher, le muscle saillant, l’œil vif, l’air fort et courageux. Il s’approcha du bord, regarda les vêtements au sol puis les cheveux gris ondulés de la femme dans l’eau. On l’aurait appelé « déception » si son visage s’était figé avec cette expression à vie. Il hésita beaucoup, mais pas le choix, laisser une des cinq Mères se noyer aurait mérité un bannissement. Il prit de l’élan et plongea droit vers elle, son corps huilé le fit glisser aisément jusqu’à la noyée.

C’est avec beaucoup de difficulté qu’elle ramena le corps du pauvre garçon mort noyé, il ne savait pas nager le fragile imbécile. C’est à ce moment que Palranine arriva, voyant Thusélinéa nue tenant le torse du jeune homme contre elle. Choquée par cette vision, elle trébucha sur plusieurs mètres avant de s’écraser la tête dans le sable, sa jupe retroussée, ses fesses à l’air laissant à qui veut bien voir une cicatrice en forme de cœur. Thusélinéa cria alors : « TU ES L’ÉLUE » !

Ce n’est pas exactement l’histoire qu’elle raconta à ses amis. Sa version, outre le fait qu’elle ne savait rien des délires calculateurs de la cinquième Mère, était simplifiée. La mère avait vu le signe alors que cette dernière allait se baigner. Un cœur qui apparaît après qu’un autre vient de s’éteindre, en faisait une idéale élue.

Chemin des dieux – Après la version de Ranine sur son signe.

« Marlande à Ranine : Tu as fait quoi ?

Ranine : Un sourire, regarde ! Les petits cailloux ils bougent et on peut faire tout plein de trucs marrants. Là, c’est un bonhomme avec un bâton. Pis comme ça, on dirait…

Marlande : Tu es géniale ! Linès, Athara, changez les symboles et formez ceux qui correspondent aux bons Dieux !

Linès : Je ne crois pas que les artistes…

Marlande : Fais-le, te pose pas de questions !

Shaël : Ça va servir à quoi ?

Marlande : J’en sais rien… Juste une intuition ! »

Share on FacebookTweet about this on Twitter
Partage l'article si tu l'as aimé