Le Chemin des Dieux

Part 03

Baron

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Le chemin des dieux commence en réalité à une demi-journée de marche, au creux de la montagne. Il faut suivre un long tunnel qui tourne dans un sens, dans l’autre. On se demande pourquoi ils n’ont pas fait une route droite. Malgré les réclamations de Ranine pour faire une pause, ils décidèrent de se rendre à destination avant tout. Alors que les flammes s’épuisaient. Ils arrivèrent.

Il y avait des torches, de l’huile, des lampes. Il ne faisait pas froid sous terre, nul besoin d’avoir à trimbaler des vêtements chauds. Ils ne se connaissaient pas tous, les familles se mélangent peu, les hormones rapprochent. Marlande et Ranine sont amies depuis toutes petites. Athara connaît en quelque sorte Linès. Ils se sont bien tous croisés parfois, mais sans aucun suivi. L’occasion de faire plus ample connaissance se fera bon gré mal gré.

« Ranine : Tu n’as plus d’eau Marlande ?

Marlande : Je n’en ai plus besoin, la roche transpire d’humidité, avec un bout d’étoffe je remplis une gourde en moins d’une heure.

Shael : On vous en a parlé du chemin des dieux ?

Linès : Un peu, il a été conçu pour que seuls les élus puissent le franchir.

Shael : Mais pourquoi personne n’est jamais revenu ?

Athara : Certains sont sans doute moins élus que d’autres.

Marlande : Je pense qu’ils sont tous passés, mais que, soit ils n’ont pas trouvé l’Ephtanie, soit un malheur leur est arrivé sur la route.

Shael : Vous savez combien d’élus ont été envoyés depuis le début ?

Linès : Il n’y a rien dans la chanson de ma maison.

Ranine : Dans notre chanson il est dit que notre maison était une des cinq premières. Cela remonte à près de 50 cycles environ. On les ajoute à la chanson mais pour les rimes ce n’est pas très précis.

Shael : Beaucoup de morts…

Marlande : Ne te focalises pas sur les morts, nous sommes vivants et nous avons chacun assez de provisions pour plusieurs jours.

Shael : Ils sont peut-être morts de faim.

Linès : T’as décidé de nous plomber l’ambiance dès le début ?

Athara : Ils se sont peut-être mangés les uns les autres…

Ranine : Mais c’est triste !! Je veux pas être mangé !!

Shael : Je ne veux pas non plus !

Athara : Je te mangerais bien Linès…

Marlande : On va se calmer tout de suite. » Dit-elle en envoyant un regard cinglant à Athara.

Ils se couchèrent, un peu exténués de leur longue marche. Ici ils n’auront plus aucun repère : Nuit, jour, pluie, soleil… L’entrée du chemin était pavée. Devant un pont, deux grands gardiens de pierre en gardaient le passage. Fiers guerriers des temps passés, tenant fermement épées et boucliers, aux casques laissant yeux et mentons visibles.

Tout le monde se réveilla dans le même temps, sauf Shael qui lorsqu’il dormait semblait difficile à déranger. Après une petite collation ce n’est pas sans émotion qu’ils franchirent le pont. Serti de pierres, tout le chemin était un couloir haut de plafond, « bien trois mètres » d’après Linès. Après quelques pas, un premier choix de direction. Marlande qui menait la marche se retourna vers ses compagnons :

« Marlande : Y a deux chemins… Vous avez une idée de ce qu’on peut faire ?

Linès : On fait deux équipes ? Si un chemin n’est pas le bon, il y aura toujours moyen de rattraper les autres.

Shael : C’est pas une très bonne idée de se séparer…

Ranine : Je vais avec Linès et Marlande !!

Marlande : T’emballe pas, il faut qu’on reste ensemble. Quelqu’un a une ficelle ou une longue corde ? J’ai comme un mauvais pressentiment…

Athara : Ambiance ! »

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